Le 27 avril, le Journal Officiel a publié les nouveaux taux d’usure pour le mois de mai 2023. Sans grande surprise, c’est une nouvelle hausse qui est constatée. Ainsi, le taux d’usure pour un crédit immobilier sur plus de 20 ans s’établit désormais à 4,52%, celui pour les crédits entre 10 et 20 ans est de 4,44%. Seuls les prêts de moins de 10 ans échappent encore à la barre des 4% mais s’en approchent de plus en plus avec un taux d’usure au mois de mai de 3,91%. Pour rappel, le taux d’usure en janvier 2023, pour un crédit de 20 ans et plus était de 3,57%. Pour les prêts relais, le taux d'usure est également de 4,52% et pour les prêts à taux variable, il atteint 4,31%
La méthode de calcul mensuel du taux d’usure ne s’appliquera que jusqu’au mois de juillet 2023. En effet, cette mesure mise en place pour permettre aux Français d’accéder plus facilement à un crédit, à la suite d’un déséquilibre entre les taux en vigueur et les taux appliqués, n’est pas vouée à durer dans le temps mais simplement à faciliter temporairement l’accès au crédit.
Cette hausse récurrente des taux d’usure est principalement liée à une forte inflation se faisant ressentir dans la zone euro depuis le début de la guerre en Ukraine. Conséquence, la BCE augmente régulièrement ses taux de refinancement pour lutter contre l'inflation en zone euro. En mars, le taux principal de refinancement a ainsi été augmenté de 50 points de base, en passant de 3% à 3,5%.
Si l'inflation demeure, elle enregistre un léger ralentissement. En octobre 2022 par exemple, les prix à la consommation de la zone euro ont enregistré une hausse de 10,6%, un pic significatif de l’inflation à laquelle doit faire face l’ensemble des consommateurs, et donc les accédant à la propriété. Depuis le début d’année, la hausse se poursuit mais semble se ralentir, en mars par exemple c’est une augmentation sur un an de 6,9% des prix à la consommation qui a été répertoriée. Un ralentissement bienvenu pour de nombreux Français dont le pouvoir d’achat s’est vu nettement diminué.
Selon Philip Lane, économiste en chef de la BCE, ce n’est « pas encore le moment » pour arrêter la hausse des taux. En effet, la BCE a fixé un objectif d’inflation de 2%. Le but est donc d’atteindre assez rapidement ces 2%. Malgré une baisse de l’inflation survenue après le resserrement monétaire lancé par la BCE dont le but est de maitriser la flambée des prix, l’objectif n’est toujours pas atteint. Ainsi les éléments actuels tendent à dire « qu’il faudra augmenter de nouveau les taux d’intérêt ». Les données à venir permettront à la BCE de décider ou non d’une nouvelle hausse des taux dans les prochains mois ; Les futures informations devant arriver début mai suite à une réunion prévue par la BCE.